La Passerelle
de Saint-Mandé

après cette période caniculaire,

une histoire de Catherine...

très rafraîchissante... ! 

LAVAGE AUTOMATIQUE

Mercredi dernier, j'étais très en forme, qu'est-ce qui m'a pris d'aller à la laverie automatique ?

Le goût de l'aventure ? La recherche de la perfection en matière de nettoyage ?

Je ne sais pas, toujours est-il que je roule ma couette dans un sac et gaillardement je m'en va à pied jusqu'à ladite laverie…lavage à 95° conseillé, mais je suis raisonnable, en matière de lavage comme en tout, celles qui me connaissent, le savent bien, j'opte pour un lavage à 80°.

Ne pas tenter le diable. Après une courte prière, à la grâce de Dieu, je lance ma machine…

On peut dire ce que l'on veut de la société moderne, les machines on peut compter sur elles.
Elles tournent pour vous, sans un mot, sans un cri, un service impeccable !

Je m'installe donc dans la laverie pour une bonne heure puisque j'ai choisi un cycle long, avec Montesquieu qui me quitte rarement Les Lettres Persanes.

Un petit chef d'œuvre de morale, de politique et de discours sur les religions, à mettre entre les mains de nos dirigeants pour améliorer les conditions de politique intérieure de la France et du monde en général, puisque la Perse en ce moment est à l'honneur.

Soudain, dans cette ambiance de grand silence et de haute culture, surgissent 4 jeunes gens, très en forme, au vocabulaire fleuri, hurlant et sautant à pieds joints sur les nombreuses machines.

Stupéfaite, comme l'ensemble des usagers de la laverie, moi, avec Montesquieu, je ne risque rien.
Donc, je continue ma lecture avec le plus grand sérieux, prenant des notes pour mes prochaines interventions publiques.

Mais quand ils ont commencé à vouloir se saisir des paniers pour s'en faire des coiffes, je me suis levée et avec la ma voix de stentor, due à ma grande habitude du discours à la chambre (chez moi, pas celle des Députés), je les engageais à déposer leurs paniers et d'aller se faire voir ailleurs.

Après un bref échange où appréciant leurs qualités vocales, je les dirigeais vers l'expression théâtrale, le cirque, où le foot, le bois de Vincennes se trouvant à deux enjambées et malgré cette faculté de persuasion que je possède naturellement, ils n'avaient pas l'air de comprendre, ni d'obtempérer.

C'est alors qu'une jeune femme est entrée, d'un style un peu masculin, très mince, musclée avec un petit blouson de cuir … J'avais trouvé une alliée de choix, elle travaillait sans doute dans la gendarmerie ou dans la boxe thaï. En deux mots, nous avons sorti les fauteurs de trouble manu militari et rétabli la paix, sinon le monde, dans ce petit coin de paradis " la laverie automatique ".

Ensuite, nous avons organisé un colloque pour échanger, sur le lavage, le séchage, l'adoucissant dans un premier temps, puis sur la violence en milieu urbain dans un second temps.

Nous avons remis la parole au centre de la condition humaine, nécessité de privilégier les échanges pour éviter les malentendus.

Nous avons plaint les enseignants, l'une des participante étant principale dans un collège, elle nous l'a bien confirmé, très dur en ce moment de se faire respecter pour les personnes d'un âge certain.

Un grand africain, nous a assuré que le respect dû aux anciens était primordial dans sa famille.

Il m'a invitée à prendre une légère collation lors de mon prochain passage en machine !

Je vais quand même avoir 80 ans en mai … certes, je ne les fais pas…

Mais au fait ... j'ai une autre histoire à vous raconter…

 

à suivre ...
Catherine, mai 2026

 

ah ! 


un p'tit café en arrivant...

 

 

  

ne m'oubliez pas

pensez à moi...

 

 

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