La Passerelle

de Saint-Mandé

Nos adhérents apprécient l’humour et la verve de Catherine BLANCHARD (Catherine ROGUET),
elle nous propose dans cette chronique de partager
son ressenti et ses humeurs pendant le confinement.

(à lire par ordre chronologique, merci.)

24 - jeudi 15 avril

le plastique

Chers amis,

C'est jeudi, rue de l'Alouette, le jour des poubelles jaunes, du carton et du plastique… on ne peut pas y échapper, les trottoirs sont remplis d'objets de consommation courante, un véritable inventaire à la Prévert… des parapluies, des stylos, des gobelets et des assiettes, des emballages… et un raton-laveur de temps en temps !

Devant nous s'étend à perte de vue… une mer de plastique… malgré plusieurs tentatives pour éliminer ou réduire cette pollution domestique, nos poubelles regorgent toujours plus de ces matériaux pratiques certes, mais dévastateurs !

On attend des utilisateurs qu'ils diminuent leur consommation et qu'ils se chargent de faire disparaître ces déchets, mais hélas, la nature humaine étant ce qu'elle est... tant qu'on leur proposera… de leur livrer dans des sacs géants, leurs provisions de la semaine… rien ne changera…

Les services de la mairie passent et repassent dans nos rues pour emporter tous ces déchets, mais où ont-ils ? Où ont-ils donc… au bout du monde… dans des paradis qui se transforment en poubelles géantes.

On voit des reportages à la télévision… l'arrivée de New York, une foule de mouettes sur une montagne de déchets nous accueille… dans certains pays d'Afrique, on voit des enfants trier tous ces déchets pour revendre les plus intéressants… on s'apitoie, mais aucune décision ne vient contrecarrer cette terrible dévastation de la Terre et des océans… Les tortues ingurgitent des sacs poubelle, des canettes jonchent les fonds marins qui passent du turquoise au bleu marine, on croit d'abord qu'il s'agit des courants, non, c'est la quantité de canettes qui est cause de ces variations de bleus… malgré cela, personne ne change son comportement…

Lorsque les éboueurs de grandes villes comme Marseille ou Lyon se mettent en grève, là, on constate l'ampleur des dégâts !

Une civilisation nous laisse des monuments, des vestiges, des ruines de son passé glorieux, lorsque des années après la fin de notre monde, des aventuriers fouilleront le sol à la recherche d'indices sur nos modes de vie… ils tomberont sur une décharge géante… puisque en dehors de ses qualités diverses, le plastique met des milliers d'années à disparaître, c'est sûr, ils tomberont fatalement sur mes sacs et mes boîtes, j'ai honte, quel cadeau on leur laisse !

Je vais faire un effort et acheter en vrac dans des sacs papier ! 

Je commence demain… non tout de suite !                       À suivre…

23 - jeudi 8 avril

service public

Le savez-vous ? La Poste de Saint-Mandé a fermé ses portes, enfin, ses grilles, devrai-je dire à 13h 30, le 6 avril, pourquoi ? Pour cause d'épidémie ? Je n'y crois qu'à moitié, enfin j'ai trouvé porte close mardi, je retourne donc mercredi matin, pour envoyer une lettre prioritaire puisque amicale et là, ô surprise, nous sommes toute une file d'attente devant la porte… pas de distanciation sociale et comme il fait froid, je rentre et vais affranchir ma lettre aux machines automatiques dont personne ne se sert… la préposée n'était pas contente, elle me dit : " Madame faites la queue comme tout le monde ", je me suis vue répondre :

" Non ! " Haut et fort, à la stupéfaction générale, incroyable ! J'ai donc pesé et affranchi ma lettre et je l'ai postée, faisant preuve d'une remarquable détermination !

Jusqu'à ce jour du 7 avril 2021, j'ai dit oui à tout : le port du masque, même en extérieur, les autorisations de sorties, le confinement dedans, le confinement dehors, le couvre-feu à 18 h, à 19 h, à 20 h, les horaires, les fermetures des commerces non essentiels, les réveillons à 4, les vaccins…

Et là, pour aller acheter des timbres et poster une lettre… c'est : " Non ! "... la goutte d'eau… c'est une émeute, non c'est une révolution, il paraît que cela a commencé comme ça, je n'en reviens pas… moi qui suis un vrai mouton de Panurge, douce comme un agneau, et bien, pour une entrave supplémentaire à mes projets épistolaires crac :
" c'est non ".

Je suis peut-être une fan de l'écriture un genre Zola dans "J'ACCUSE ", on ne cédera pas, on veut garder nos services publics, qui, comme leurs noms l'indiquent, sont au service du public, donc Monsieur le receveur des Postes, s'il vous plaît, pas de restriction !

Bonne nouvelle, nous avons eu droit rue de l'Alouette à une petite accalmie, trêve de Pâques, trêve des confiseurs, le calme est revenu pendant tout un grand weekend… prolongé jusqu'au lundi ! Merci messieurs les promoteurs d'Alegria ! On a pu constater que le silence est d'or !

Le temps a été beau, les arbres reverdissent, les marronniers bourgeonnent et les merisiers et autres prunus refleurissent… sous chaque arbre, il faut compter 5 personnes en moyenne, ils organisent des pique-niques, des anniversaires, j'ai croisé cinq petites filles en robes de fêtes avec des couronnes et des étoiles sur la tête, entourées de ballons roses, elles sautillaient dans l'herbe, des garçons accrochaient dans les branches des arbres des hamacs suspendus à ces mêmes arbres qui croulaient sous le monde, des joueurs de guitares, des danseurs de claquette, des yogis , des boxeurs et même deux funambules… une flopée de chiens de toutes les tailles.

Merci au Bois de Vincennes ? Un des rares endroits où l'on peut respirer l'air frais dans le quartier… Tiens, on coupe un marronnier boulevard de la Guyane, ah ! Non et non ! Il faut planter des arbres, pas les couper ! 

Et voilà, cela me reprend, une fois qu'on a dit non, on ne peut plus s'arrêter…

                          À suivre…

22 - vendredi 2 avril

la poule ou l'œuf ?

Les cloches de Pâques ne feront pas le voyage de Rome à Paris cette année, dommage pour les traditions, mais on leur a sans doute déconseillé, en haut lieu.

Il est vrai, que l'air n'est plus aussi sûr, les déplacements paraissent incertains, voire dangereux, mêmes les avions ont abandonné leurs couloirs aériens.

On a vu, dans les premiers mois du confinement, les avions d'AIR FRANCE alignés sur le tarmac à Roissy et à Orly, les mécaniciens continuaient de s'affairer autour d'eux, ils avaient peur en cette période de nidification que les oiseaux ne fassent leurs nids dans les réacteurs !

Eh oui, nos grands oiseaux blancs ont plié leurs ailes de géants.

Si les avions ne volent plus… pensez les cloches !

S'il est vrai que pendant longtemps tous les chemins ont mené à Rome, ils seront cette année encore désertés, le Pape était déjà bien seul devant la place Saint-Pierre de Rome et à Notre-Dame, peu de fidèles, heureusement Bach et Claudel, ces deux piliers, soutenaient l'édifice.

Notre belle cathédrale qui avait échappé à trois guerres et quelques révolutions meurtrières a succombé à la restauration des monuments historiques qui ont dû ratiociner leurs sous-traitants, preuve s'il en était nécessaire, que l’on n’a pas seulement perdu le secret du bleu des vitraux mais aussi le savoir-faire des bâtisseurs de cathédrales.

Pour résumer, le Ciel n'était pas content et a donc octroyé une année sabbatique à la Terre et à ses habitants, les plus pessimistes de nos économistes attendaient une bulle financière, voire immobilière...

Ils n'avaient pas prévu une bulle céleste.

Après plusieurs réunions au sommet dans les sphères sidérales, les puissances cosmiques ont pensé qu'il devenait urgent de sauver ce qu'il restait à sauver et d'empêcher les hommes de nuire définitivement à la beauté de Paris… merci au passage à Monsieur Vinci (pas Léonard, l'autre) d'avoir mis un point d'honneur à défigurer la capitale.

Enfin, pas de grands changements depuis les annonces présidentielles, on est confiné dehors ce qui nous semble le point culminant de nos directives, en tant qu'humoriste, cela ne peut que me séduire, on rirait même, s'il n'y avait pas autant de malades.

Paresseuse, je reprends ma chronique pascale de l'année passée, rien n'a tellement bougé, la planète s'est mise semble-t-il en grève illimitée, malgré les conseils des médecins autorisés, les annonces des conseillers en communication et l'espoir d'une vaccination prochaine pour tous... On attend la deuxième dose… ah ! Si en cherchant des œufs, j'ai trouvé un scarabée dans mon jardin et une colombe, un rameau d'olivier dans le bec, est passée me dire bonjour… rien n'est donc perdu.                             À suivre…

21 - samedi 27 mars

choix cornélien

Pris entre deux feux, entre deux tirs nourris par différents médias autorisés, nous avons le choix entre un virus et un vaccin.

De qui avons-nous le plus peur ?

Du virus ? Ce virus, qui se révèle chaque jour, plus performant, protéiforme et multirécidiviste, il change de structures et de destinataires, comme il veut, incroyable, un genre Fregoli, modifiant son apparence à vue ou son pays d'origine, il sera Anglais ou Sud-Africain et même Breton pour faire plaisir à Anne Debayle.

Ainsi au fil des semaines, il s'en est d'abord pris aux vieux dans les EHPADS, partis sans un adieu de leurs proches, puis aux octogénaires, sportifs et croisiéristes en puissance prêts pour un 4ème âge au soleil, en pleine forme donc, terrassés quand même, et enfin aux jeunes qui se croyant protégés par la fleur de l'âge, quittent prématurément le paysage, après deux trois tours de piste avec leurs 6000 copains, on les comprend, on a été jeunes nous aussi !

Reste la vaccination qui connaît différents soubresauts : On y va t'y ? On y va t'y pas… valse-hésitation qui risque de nous coûter cher, alors on se décide ou pas ? Les amis nous poussent, les médecins se consultent, le choix devient cornélien !

Fragiles, vous vous préparez au pire, si la famille vient vous voir, vous risquez d’y passer dans les cinq jours, remarquez ça à bien arrangé nos nièces et neveux, qui ont de fait, sauté sur l'occasion, pour nous rayer de la carte et du territoire, l'occasion faisant le larron, on ne peut même pas leur en vouloir, c'est plus prudent, qu'ils disent, on risque une affection maligne, suivie d'une infection mortelle !

Le malheur des uns ... Oui, mais il y en a qui sont contents, ce sont les laboratoires pharmaceutiques, ils ont trouvé un filon qu'ils ne sont pas prêts de lâcher, la grippette s'est révélée une manne céleste.

Combien de milliards d'êtres humains sur terre ? Combien de doses ? On dirait un problème du certificat d'études, le robinet coule à flot, si le pays vide ses fonds de tiroirs, d'autres doivent se remplir les poches, c'est un classique des vases communicants.

On nous avait promis une grande solidarité mondiale, la mise en commun des cerveaux et des talents suivant la formule consacrée " l'Union fait la force ". Après ces années de globalisation, tout d'un coup, le chacun pour soi reprend du service.

Préservons la joie et l'amitié, ce sont de bons adjuvants, ajoutons un zest de fraternité pour renforcer nos défenses immunitaires et tout ira bien...

" Vous reprendrez bien une petite tranche de vie ?  m'a demandé l'infirmière en souriant ?

Oui, merci madame, on s'est fait vacciner ce matin et on est toujours vivant… alors…                                                     À suivre…

20 - samedi 20 mars

Odéon

Hier, vendredi, avant le confinement qui ne dit pas son nom, ce ne serait qu'un léger coup de frein à notre liberté de circuler, dans le doute, par précaution , j'ai pris le bus 86, pour une dernière balade... eh bien, le parisien râle, conteste et se moque des mesures impossibles à appliquer qui nous laissent tous perplexes... ceux qui ont pu délaisser la capitale ont vite filé... 400 km de bouchons sur les routes d'Île de France et les gares surchargées... la S.N.C.F. en a profité pour tripler le prix de ses billets !

Paris est donc abandonnée, boutiques fermées, galeries fermées, bistrots, restos etc.

Suis allée jusqu'à Odéon soutenir les baladins qui occupent le Théâtre avec l'énergie du désespoir... petit orchestre de rue, ils luttent avec de faibles moyens, mais ils luttent, cela redonne de l'énergie, j'ai applaudi et j'ai filé chez Marks & Spencer acheter des " scones et des crumpets " pour le breakfast de dimanche matin, on ne fait pas la révolution le ventre vide.

J'ai marché jusqu'à l'Institut, rendu les hommages à Condorcet : " un peuple instruit est un peuple difficile à gouverner ", passé la passerelle et rejoint le Louvre au pas de charge car il faisait frisquet, le printemps sera froid qu'on se le dise, Paris semble figée, cela vous a un petit côté fin de siècle, ville musée, désertée par la vie... il paraît qu'il y avait la queue chez Zara à l'Opéra avant la fermeture de 4 semaines, les filles se sont achetées de jolis petits hauts qui compenseront les bas à venir, quartier de l'Opéra... peut-être, mais le Quartier Latin, lui, roupille.

J'ai repris le métro et filé voir ma cardiologue pour examen de contrôle, on ne sait jamais : " vous avez bon cœur " m'a-t-elle confirmé, je l'ai remerciée chaleureusement, cela m'a quand même coûté 150 euros mais quand on aime, on ne compte pas !

Enfin " cela fait du bien, un poète " à l'Odéon, ils lisent à haute voix, seront-ils entendus ?

Que l'art est bâillonné sous un règne arbitraire, que des singes en docteurs décident du génie, qu'un être simple et vrai est traité de stupide, que le bien asservi est esclave du mal, fatigué de tout ça, je demande à mourir " c'est beau, dommage, ce n'est pas de moi... Shakespeare.                À suivre…

19 - mercredi 17 mars

le commerce de proximité

Le commerce de proximité, on en parle beaucoup, il faut sauver les petits commerces, c'est le mot d'ordre, acheter près de chez vous, on vous le répète tous les jours, bien sûr, on ne demande que ça !

Hélas, rue de l'Alouette, c'est le désert… on se rappelle un temps où il y avait un boucher au coin de l’avenue Alphand et une supérette en face, disparus, tous les deux, jamais remplacés, le restaurant " au Bois Doré " reste irrémédiablement clos pour cause de pandémie, il nous restait une boulangerie, las, victime d'un dégât des eaux depuis le 16 février, on est privé de dessert !

L'époque est curieuse, on nous envoie en permanence des messages qui ne correspondent absolument pas à la réalité de nos vies, je me rappelle une nutritionniste de renom, vue à la télé, qui nous enjoignait de nous nourrir de préférence des produits de notre potager," mangez les fruits de vos arbres, cueillis du matin et récoltez vos salades, repiquées par vos soins " vous vivrez longtemps et en bonne santé !

Je lui avais envoyé aussitôt une missive : " Chère madame, pourriez-vous nous indiquer par retour du courrier où se trouve ce pays de cocagne ? " Pas de réponse…

Le retour à la terre d'accord, mais pas évident en banlieue parisienne, c'est vrai qu'en ce moment toutes les rues de Saint-Mandé sont en jachère, est-ce un projet d'agriculture biologique ? Je ne sais pas, par contre, attention de ne pas vous prendre les pieds dans les creux et les bosses, ce n'est pas le moment d'encombrer les urgences.

Il y a des travaux partout, on creuse et dans ma rue de l'Alouette toujours plus fort ! On fore, avec des machines gigantesques, qu’est-ce qu'ils cherchent ? Mystère… du pétrole ? Non, il a mauvaise presse en ce moment, les voitures sont chassées de la capitale.

J'ai écrit aux promoteurs de faire attention, de ne pas creuser trop profond, il y a un risque, on va finir par endommager la croute terrestre et se retrouver… de l'autre côté… en Chine ! Ah ! Non, merci !

On a encore un peu fraîcheur grâce aux beaux arbres du Bois de Vincennes, mais pour le potager, cela me parait utopique ! Sans compter la pollution du périphérique tout proche, on aurait des pommes aux particules fines et des cerises carbonées, pas très appétissant tout ça !

On se rappelle qu'il y avait des maraîchers, il n'y a pas si longtemps aux alentours de Paris, il y a encore un " mur à pêches " à Montreuil donc il devait y avoir des primeurs tout près, à portée de main, dommage, on aurait pu organiser une cueillette sur l'arbre, en ce moment, à part les prunes généreusement distribuées par les ex-aubergines, cela devient une gageure de récolter des fruits de saison.

Vous vous souvenez : " En France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées ". C'est bien, encore faut-il avoir de bonnes idées et les mettre en pratique, cela devient urgent !                                                          À suivre…

18 - lundi 8 mars

un et un font deux

On a beau avoir fait des études limitées en mathématiques quantiques, un et un font deux depuis un certain nombre d'années, personne ne le conteste.

Aujourd'hui, journée de la femme oblige, on parle aussi des hommes, les deux font la paire et le couple a encore de beaux jours devant lui… le mariage, considéré comme obsolète, pendant quelques années de liberté échevelée, est redevenu une valeur sûre ! Mariage pour tous oblige !

Si longtemps la femme a été considérée comme une personne de seconde catégorie, un jugement napoléonien la réduisant à un mental d'enfant un peu attardé, donc irresponsable, cela a bien évolué.

Non ? Ça n'a pas changé ? Ah, si ! Tout de même, là, vous m'avez fait peur…

Bien sûr, on n'avait pas de compte en banque personnel jusqu' en 1965 mais depuis… on s'est bien rattrapé, quel progrès, on sait se servir de nos carnets de chèques, c'est moi qui vous le dis, et on fait fonctionner nos cartes bleues comme personne !

Si comme le disait Aragon :" la femme est l'avenir de l'homme ", elle est aussi l'avenir incontestable de la consommation… qu'est-ce que serait ce monde du commerce (qui n'a jamais été équitable, malgré ses professions de foi), sans nous, la femme ?

Il n'y a qu'à lire la presse féminine, nous tombons dans tous les pièges : " vieillir en restant jeune, maigrir en mangeant, bronzer sans soleil " on nous vend du rêve à jet continu… Et puis, il y a la mode… un inépuisable creuset de tentations, il n'y a qu'à jeter un coup d'œil dans nos placards pour être convaincu.

D'autre part, je vous rappelle qu'on parlait d'un virus, LE CORONAVIRUS et, tout d'un coup, on a glissé vers LA COVID 19, on a donc féminisé le nom de ce terrible danger. Je me pose la question : est-ce fortuit ou volontairement anti féministe ? Rappelez-vous, les humains ont été chassés du paradis à cause d'une vague histoire de pomme et depuis Adam et Ève, dès qu'il y a un problème, on nous fout tout sur le dos !

Donc, mes sœurs, il y a encore du chemin à parcourir, l'évolution se fait à deux, un équilibre est à trouver… la femme dans la cosmogonie chinoise, je le rappelle pour ceux qui n'ont pas lu à fond le TAO TÖ KING, c'est la Terre et l'homme le Ciel, encore une position dominant dominé, me direz-vous, mais on ne va pas chipoter… comme je le disais plus haut, un et un font deux, l'un ne va pas sans l'autre, n'en déplaise à tous ces empêcheurs de tourner en rond " et pourtant elle tourne " disait déjà Galilée… La Terre est femme, la Terre est ronde et puis c'est tout !

Ce sujet, la " femme ", me tient particulièrement à cœur, car figurez-vous, j’étais partie sur un tout autre sujet, les mathématiques, 1 et 1 font deux, comme je vous le disais plus haut, pour le commun des mortels, oui, mais pas pour les laboratoires pharmaceutiques, ils se gourent une nouvelle fois dans les doses, comment leur faire une totale confiance !

On vient de nous informer qu'après la 6ème dose dont je vantais les mérites il y a quelques semaines, un genre petit rab offert par les généreux PFIZER, on fête la naissance d'une 7ème dose… très bon chiffre, le chiffre 7… ne dit-on pas :" les Sept Merveilles du monde " Merveille ! Mot féminin ! Qu'on se le dise ! 

À suivre…

17 - dimanche 28 février

le déjeuner du dimanche

C'est dimanche, malgré le soleil bienfaisant, il fait encore frais ce matin, nous sommes en février, il faut nous réchauffer le corps et le cœur, je concocte donc de fabuleuses recettes de cuisine : gigue de chevreuil, sauce grand veneur, lotte à l'américaine flambée au cognac, soufflé au fromage, clafoutis aux poires, parfait aux marrons dans sa sauce chocolat…

J'ouvre des livres de recettes, je défroisse de petits papiers griffonnés, pieusement conservés et mis au secret dans la boîte rouge, en compagnie du précieux cahier de Tante Simone et des fiches cuisines sélectionnées pour de futures agapes, je compose un menu à 10 000 par tête comme disait maman !

Car mes amis, je veux vous recevoir comme des princes.

La table sera peut-être blanche et damassée pour les grands soirs, ou ronde ajourée en dentelle de Venise pour un tête-à-tête sentimental, ou bien encore rouge pour célébrer la vie et le théâtre, verres cristallins, carafes ciselées et couverts d'argent, fleurs, semis de feuilles, lierres, lys entrelacés.

Recevoir en toute simplicité dans le plus ravissant des décors de fêtes, prévoir le champagne frais, les vins fins et une cuisine qui rappellera la famille, les précieux conseils des mères, les secrets des femmes de la maison, l'alchimie du bonheur conjugal ne serait-ce pas cette sensualité gourmande ?

J'aurais aimé vous recevoir chez moi et préparer pour vous, avec mes faibles moyens, le Festin de Babette, j'aurais pu aussi, venir avec mon grand panier, organiser chez vous à l'improviste un repas inspiré : beaucoup d'amour et un peu de crème fraîche !

C'est le moment de revenir aux valeurs sûres, le partage du pain et du vin… je me suis souvent interrogée sur cette histoire : la multiplication  des pains ? Est-ce une légende gourmande ? Une utopie culinaire ? Un miracle ? Ou bien tout simplement, la mise en commun de nos ressources ?

À la fortune du pot, à la bonne franquette, simplicité et générosité, comme nos buffets d'antan à La Passerelle !

Bien sûr, en bonne maîtresse de maison, on a toujours un peu de farine dans nos placards… un peu de beurre dans notre réfrigérateur, pas de mystère donc.

Chacun apporte ce qu'il a et Ô miracle ! Il y a assez pour tout le monde… pour changer l'eau en vin… je cherche toujours, j'enquête et vous ferai part de mes conclusions… en attendant...       A table !

16 - mercredi 24 février

Esprit, es-tu là?

Trois fois j'ai posé la question… silence... pas de réponse… je commence à m'inquiéter.

Vous savez, je ne suis pas particulièrement pessimiste, mais il y a des signes qui ne trompent pas ...

Il se passe des choses curieuses rue de l'Alouette… C'est sûr... après avoir détruit les maisons et coupé les arbres avec une détermination digne des Huns, plus une herbe, le terrain reste vague, plus rien, les passants s'arrêtent et contemplent le… vide : eux aussi se posent des questions… on se croirait sur Mars, ils m'ont dit : de la boue jaunâtre et des flaques… c'est vrai le chantier est désert ! Personne... comme sur Mars !

Je confirme le vide sidéral...

Et puis… ce n'est pas tout... où est passé le boulanger ? C’est important le pain " essentiel " même, or depuis le 16 février au matin, la porte reste close ? On s'inquiète… les petits commerces disparaissent, on le savait, mais là du jour au lendemain, plus de chouquettes, plus de croissants, je vous le dis, c'est une disparition… inquiétante !

Oui, je sais, il y a eu une fuite, on a lu l'affichette sur la porte, il y a eu une coupure d'eau lundi 16 février mais cela n'explique pas tout… et d'ailleurs l'eau est-elle redevenue potable ? Mystère ?

Toujours pas de réponse.

D'accord, il y a du vent sur Mars, on est bien content… mais est-ce qu'il y a de l'eau sur Mars et des boulangeries ?

On se garde bien de nous le dire et pourtant, après 7 mois de voyage pour arriver sur cette planète, un café-croissant, c'est bien ce qui réconforterait le voyageur de l'espace... Non ?

Vous me trouvez terre à terre ? Peut-être, mais moi, je ne suis pas tranquille, il y a de mauvais esprits dans le quartier, si je vous disais qu'on a mis un mot dans ma boîte aux lettres ce matin… " Il y a plus de chance d'aller au restaurant sur Mars qu'au resto en mars " Moi, cela ne me fait pas rire… quelqu'un essaye de nous briser le moral...

... les espaces verts nous sont plus que jamais nécessaires, ne touchez pas aux arbres, s'il vous plait !   À suivre 

15 - samedi 13 février

Au bal… au bal masqué, ohé, ohé !

Voilà une chanson de circonstance… cela c'était un peu perdu le carnaval, les dîners de têtes, les déguisements et les cotillons… cette année, on en profite, on relance la mode tous masqués !  Autant prendre son mal en patience !

Le carnaval avait lieu naguère de la Fête des Rois (le 6 janvier) jusqu'au Mercredi des Cendres, le mot carnaval (caro vale) signifiait " jeun ", il s'achevait sur les jours gras, le point culminant étant la cavalcade du Mardi-gras !

Si le masque ne nous amuse guère dans sa forme actuelle, nous privant du sourire des gens que l'on croise, mettant de la buée sur nos lunettes et nous empêchant de respirer normalement, nous pensions l'agrémenter de plumes et de perles fantaisies pour ce Mardi-gras.

Las, il paraît que nos masques " faits maison " ne sont plus aussi performants et qu'il va falloir porter le masque FP2 en forme de bec de canard… cela va influencer nos déguisements… voilà la charmante Colombine transformée en " oie blanche " désolé ma poulette, dira l'Arlequin de service, notre cour des miracles s'est transformée malgré nous en basse-cour !, seul Pierrot, toujours dans la lune, ne s'apercevra de rien et promènera son éternel visage pâle et enfariné !

C'est l'hiver, d'un coup, neige et verglas… on compte les degrés : - 1, - 4, - 10 ressenti ou bien réel, il fait frisquet. On est allé dans le bois voir la neige et la glace sur le lac de Saint-Mandé… les mouettes remplacent les canards en nombre, les chiens de bergers sont à la fête, le petit écureuil roux sautille toujours et grignote sans arrêt ce qu'il trouve sur les branches… les pies le suivent à distance pour grappiller ce qu'il laisse tomber de son arbre.

Les promeneurs respirent… sans masque… le bonheur… on marche pour savoir où l'on va… pas d'attestation pour nous rappeler à l'ordre, on flâne en faisant quelques battements de bras et on se dégourdit les jambes, on revit… Là, on s'en aperçoit, depuis tous ces jours sans sortir, on manquait d'air, la balade nous a revivifiés, oui, c'est une évidence... les espaces verts nous sont plus que jamais nécessaires, ne touchez pas aux arbres, s'il vous plait !

À suivre 

14 - lundi 8 février

Après l'annonce faite par notre Ministre de la santé, la semaine passée, selon laquelle la vaccination prenait sa vitesse de croisière, à quoi nous avions répondu... quelle avait bien de la chance, car nous, hélas, nous étions toujours à quai depuis plusieurs semaines, hop… Le mouvement s'accélère brusquement, ... en avant toute moussaillon, cela s'est décidé en haut lieu :

" Tous vaccinés avant l'été…" 0hé ! les gars réveillez-vous, il va falloir en mettre un coup… comme disait Hugues AUFRAY toujours bon pied bon œil à… 91 balais, comme quoi, ça conserve l'air marin !

Courage on va bientôt revoir le Cap de Bonne Espérance et cingler vers des cieux plus cléments…

Vous n'avez plus qu'à choisir votre destinée, votre destination, avec qui allez-vous faire le voyage ? Cela se bouscule au portillon, alors?

Vous avez le " Russe" toujours nostalgique de ses exploits dans l'espace avec le " SPOUTNIK ", un vaccin au nom prometteur, après ces semaines de confinements et de couvre-feu en tout genre, un petit voyage dans la stratosphère, je suis sûre que cela vous tente ? Comment ? Oui, je sais Laïka… elle tourne toujours, mais depuis … la science à fait de gros progrès, non ?

On a aussi le Turc BioNTech sponsorisé par PFIZER très bien coté, mais il a déjà fait 15 milliards de bénéfices alors, il faut  peut-être donner sa chance aux autres… ASTRA.ZI. ASTRA.ZA. ASTRA ZENICA… je n'arrive pas à le prononcer, c'est mauvais signe, de toute façon, il ne faut pas rêver, il ne s'intéresse qu'aux jeunettes de 65 ans et moins si affinités !

Reste MODERNA, JOHNSON & JOHNSON, on aurait préféré DUPONT & DUPONT... mais les Français se font désirer alors reste un Chinois dont on parle moins, on va réfléchir… on a jusqu'à l'été, mais la collection de vaccins printemps-été 2021 risque d'être très demandée par le grand public… On aura peut-être droit à une autre proposition automne-hiver… à moins qu'un médicament ne vienne nous sauver en juin prochain venant de la Terre promise ce serait le paradis !

Pour le moment, on attend, car comme dit le Maître à sauterelle bleue :" si le Bœuf est lent, la Terre est patiente " …comme nous !    À suivre 

13 - vendredi 29 janvier

La période est curieuse, c'est le moins que l'on puisse dire, le destin a toujours été cruel en vers les pauvres humains que nous sommes, il y a ceux qui veulent, enfin, qui voudraient un rendez-vous rapidement, je ne parle pas d'un rendez-vous amoureux, ça c'était avant, mais d'un rendez-vous médical !

Ils n'obtiennent pas de réponse, ni sur les ordinateurs, ni sur les plateformes téléphoniques… d'où leur déception, ils sont sur listes d'attente et piaffent d'impatience à l'idée de retrouver un peu de liberté de mouvement…

Il en est d'autres qui ne sont guère pressés, ce n'est pas dans leur nature, sont-ils fatalistes ?

En tout cas ils pensent qu'ils ont du temps devant eux, malgré les informations de plus en plus précises sur leur espérance de vie, ils se disent : " à quoi bon faire aujourd'hui ce que l'on peut remettre à plus tard " et pratiquent la procrastination à haute dose !

Et justement à propos de dose… grande nouvelle ! On connaissait le 3e homme, la 5e colonne et les 7 mercenaires. Maintenant... il faudra compter…avec la " sixième dose ".

En effet, pour ceux qui veulent le vaccin à tout prix… ils peuvent avant le couvre-feu de 18h se faufiler dans le centre de vaccination le plus proche en espérant bénéficier de la sixième dose ?

Incroyable dans ce XXIe siècle technologiquement performant… Il y a encore une goutte d'eau qui peut faire déborder les vases… tout n'est donc pas perdu dans le meilleur des mondes… il y a toujours un facteur x ou y incontrôlable !

Le flacon contenant le précieux vaccin serait-il plus généreux qu'il n'y parait ? La quantité de liquide est-elle approximative ? Ou bien, il y a-t-il un petit bonus de prévu pour les plus motivés, le mystère reste entier…

J'aimerais qu'un de nos éminents scientifiques se penchent sur la question, personnellement, je n'ai pas la bosse des mathématiques, je me demande d'ailleurs en quoi suis-je vraiment douée ? Enfin c'est une autre histoire…

Pour ce qui est du calcul de probabilité, c'est sûr... n'est pas Einstein qui veut, il paraît que tout ce qu'il avait imaginé s'est avéré vrai dans l'Univers, eh bien que dans un flacon, il reste ce " quelque chose" ou ce " presque rien " dont parle Jankélévitch me fait réfléchir si la distorsion de l'univers nous permet d'intégrer la poésie dans la réalité de nos jours et cela change tout dans notre vie… cela a un nom... " l'espoir " qui comme chacun sait… fait vivre...   À suivre…

12- dimanche 24 janvier

Restauration à l’italienne !

Hier matin : levée, lavée, petit déjeuner et hop sur mon escabeau, j'ai entrepris de nettoyer le lustre vénitien, couleur champagne, de ma camera (chambre), la poussière m’empêchait de voir le " Grand Canal "…

J'ai l'impression que l'Italie me manque… je revois la longue file de stores blancs, abaissés, arrondis et gaufrés du café Florian, j'entends la musique de salon, désuète à pleurer du Quadri, les violons grincent un peu, qu'importe, l'indispensable crincrin agrémente à toute heure la Place Saint Marc, comme les vagues des pigeons qui passent et repassent infatigables pour la photo souvenir…

Assez rêvé !

Après un déjeuner frugal, carpaccio à la roquette, penne Capri au basilic frais et sabayon aux figues noires - prononcer " zabaione " pour faire plaisir aux puristes... je continuai sur ma lancée et concoctai un léger enduit pour réparer les dégâts occasionnés par mon cher voisin du dessus qui joue avec les robinets de ses radiateurs… on s'amuse comme on peut…

J'ai décroché les " Guardi " et les " Canaletto ", tchao la poussière, puis d'une main experte, j'ai étalé l'enduit miraculeux et fait disparaître les vilaines tâches jaunâtres d'humidité dues à l'aqua alta de cet automne...

Ah l'Italie ! C'est fou ce que les Français ont aimé l'Italie, il n'y a qu'à voir les rois de France : LOUIS XII, FRANÇOIS 1er, l'empereur NAPOLÉON 1er, toujours fourrés en Italie, l'esprit de conquête les menait loin de chez eux, attirés par la beauté ? La beauté des femmes ? La beauté des villes... No so !

Les écrivains toujours dans le sillage des rois et des femmes ont suivi… chroniques italiennes de STENDHAL, grands tours de GOETHE, RILKE et tous les autres... on passe le col du Petit Saint-Bernard, on grimpe, on respire une dernière fois l'air français des cimes, toutes les plantes de la montagne agrémentent la descente : la sauge, la réglisse, la menthe poivrée, l'oseille sauvage, l'ombellifère, on redescend sur l'autre versant, la Vallée d'Aoste nous accueille, plantes à foison : azalées vivaces , renoncules, elles semblent plus nombreuses côté italien, plus libres, plus offertes, il y a un parfum " d’Amor " dans l'air, on est bien en Italie, ruisseaux, ruisselez, chantez cascades, Maestro Musica, on est en Italie !

Après quelques jours de farniente, tout d'un coup, prise d'une énergie surprenante, j'attaque le plafond, le résultat n'est pas parfait, rien à voir avec la Chapelle Sixtine, mais tout est blanc, on y verra que du feu… la plupart des visiteurs ne regardant que leurs chaussures… d'où l'intérêt de ne pas habiter Saint-Pierre de Rome, MICHEL ANGE  et LE TINTORET nous y font lever la tête dans chaque église et palacio, ici, rien à craindre, j'ai laissé tomber les fresques cela ferait prétentieux dans mon F3 !

Heureuse, et la conscience nette comme la maison, je m'installe dans le petit salon et regarde " Invitation aux Voyages " sur Arte... Cela me sort un peu… j'y suis... sur les hauteurs de Fiesole et les cyprès nous accueillent sur la terrasse, je sirote un verre de limoncello frais… le Musée des Offices a rouvert à Florence, je pousse la Fiat jusqu'à Rome, je fais un vœu et jette une pièce dans la Fontaine de Trevi : Marcello… Marcello n'est plus là… dommage... Arrivederci... Roma !   À suivre…

11- dimanche 17 janvier

On m'a demandé de vous écrire, chaque semaine, un billet d'humeur, plutôt rose et gai de préférence, la période étant difficile.

Cela me convient parfaitement, étant de nature " optimiste ", les tracas du siècle ont peu d'emprise sur mon capital " joie de vivre " légué par ma mère... grande humoriste s'il en fût !

Elle avait, en effet de grandes théories sur tout, ma mère, et en matière économique de surprenantes fulgurances qui n'ont pas manqué de conduire la famille à une ruine totale.

Mais comme chacun le sait : " plaie d'argent n'est pas mortelle ". Elle suivait des directives qui n'étaient pas encore européennes mais qui aboutissaient - tout comme celles de nos administrations actuelles - à de curieuses décisions...

Elle avait entre autre philosophie, celle de nous inculquer à mon frère et à moi-même que la vie étant courte, il fallait en profiter pleinement, j'aimais ma mère, j'ai donc suivi cette règle scrupuleusement... " Vous devez avoir des projets comme si vous étiez éternels et vivre chaque jour comme si c'était le dernier " Bien maman.

Elle nous racontait ensuite, pour étayer son raisonnement, l'histoire des pommes pourries : " Il est des gens de par le monde, des Normands, des Auvergnats et même des Écossais qui passent leur temps à compter. Dans un souci d'économie et de prévoyance, ils mangent les pommes pourries en premier, se réservant pour plus tard les plus belles. Or, le temps qu'ils finissent les fruits pourris, leurs belles pommes étaient gâtées, c'est pourquoi toute leur vie ces pauvres gens ne se nourrissent exclusivement de pomme pourries ! À table ! "

Mettant en pratique cette démarche ô combien hédoniste pour une petite commerçante de banlieue, elle garda toujours sa bonne humeur mais courut irrémédiablement à la faillite.

Pourtant qu’elle ne fût pas ma surprise, lorsque notre Ministre de l'Économie et des Finances se mit à suivre à la lettre les préconisations maternelles, distribuant sans compter pour soutenir le moral des entreprises et des français;

De même, un médecin à une heure de grande écoute nous enjoignait à manger, à boire et à faire tout ce qui nous plaisait... un genre Ronsard " cueillez, cueillez votre jeunesse comme à cette fleur la vieillesse fera ternir votre beauté " en moins poétique !

Alors soit, c'est la cigarette du condamné, plus de soucis pour l'avenir, profitons de nos derniers moments, soit la cigale contre toute attente se révèle en cas de catastrophe plus apte à survivre que la fourmi !

Ma mère était sans doute en avance sur son temps... en tout cas... bravo Maman ! À suivre…

10 - jeudi 7 janvier

Chouette ! Un nouveau mot à mon actif, ce matin pour la première fois, avec mon mari, on a pris notre petit déjeuner en présentiel !

C'est beaucoup plus chic... Non ?

Cela vous a un petit côté " présidentiel ", soudain boire le café, accompagné de nos tartines beurrées, prend une toute autre dimension, je ne sais pas vous, mais nous, rue de l'Alouette en toute simplicité nous buvons une tasse de café de Colombie ou du Brésil tous les matins, cela nous fait voyager et ce, à peu de frais.

Depuis ce jour, nous le ferons en " présentiel ", cela nous posera, on est très fiers, même l'ordinateur ne connait pas le mot, il clignote... il va falloir qu'il s'y mette !

Aujourd'hui, il nous a fallu pas moins de deux grandes tasse pour encaisser les nouvelles : les étudiants font des dépressions, ils sont seuls devant les écrans et ne vont plus à la " cafette " et les Américains envahissent le Capitole, M. SMITH est au Sénat et Frank CAPRA fait les beaux jours de la Télévision Française en persistant que " LA VIE EST BELLE ".

Hier soir, nous avons bien ri avec le Chroniqueur de la chaîne d'Info, figurez-vous que la Covid ne s'attaque pas aux riches, ni aux vieux riches, alors vous savez ce qu'il vous reste à faire... affichez vos signes extérieurs de richesse, le virus se tiendra coi...

On savait déjà que les diamants étaient éternels, grande nouvelle : les porteuses de diamants le sont aussi, éternelles !

Je me souviens des fabuleuses rivières de diamants arborées par les clientes de ce célèbre café, face au Casino de Monte Carlo, eh bien oui, contre toute attente le Café de Paris à Monaco est ouvert jusqu'à 22h30 et malgré cela, on ne signale que 3 décès sur le Rocher...

Alors... À suivre…

9 - vendredi 1er janvier

L'année s'achève, ouf, on n'en parle plus, on commence une année nouvelle pleine d'espérance, un nouveau sauveur nous est né... PFIZER BioNTech, il se nomme.

Ils n'ont pas chômé les chercheurs, d'habitude ils cherchent certes, mais là... ils trouvent et ça, c'est beaucoup plus rare ! ... en 6 mois, ils ont mis au point un super vaccin, par contre, attention, ils sont aussi très forts question marketing ! Ils ont bien étudié la psychologie humaine... Il n'y en aura pas pour tout le monde qu'ils annoncent... alors... il va falloir faire vite et se mettre sur liste d'attente... on nous fait miroiter que ceux qui seront vaccinés feront partis des V.I.P., des privilégiés quoi !

Voilà, cela change la donne, la semaine passée, personne n'était tellement décidé, on attendait, on voulait des précisions et connaitre les données de sécurité, les publications scientifiques, les effets secondaires éventuels ; on n’était pas emballé, même, on préférerait que Messieurs les Anglais se vaccinent en premiers, c'est une tradition depuis des siècles..." Messieurs les Anglais, tirez les premiers... ah, la galanterie française ! Et puis, comme de toute façon, ils quittaient l'Europe... c'était un beau geste, le légendaire " fairplay " britannique prenait tout son sens, ils partaient avec panache !

Cela me rappelle la fameuse histoire de Monsieur PARMENTIER, un pharmacien militaire du XVIIIe siècle. Les Français se méfiaient des pommes de terre, importées (déjà) du nouveau monde, personne ne voulait en manger, on craignait un empoisonnement. Monsieur PARMENTIER eut alors une idée de génie, il fit clôturer ses champs de patates et surveiller par l'Armée. Les patates devinrent tout à coup, objets de convoitise, précieuses, de valeur inestimable même, le bouche-à-oreille fonctionnait à plein régime à l'époque, on n'avait pas encore de réseaux sociaux, on se parlait encore. Bientôt, une équipe de voleurs se mit au travail... Les frites allaient bientôt devenir l'emblème de tout un peuple.

C'est une belle histoire, maintenant on va avoir peur qu'on nous les vole, nos précieux vaccins ! 

Alors, bonne année et pour la santé, on croise les doigts. À suivre...

8 - lundi 28 décembre

Cette année, nous avons fêté Noël à trois, Troyes en Champagne ?  Non, à trois – t-r-o-i-s avec un peu de champagne, tout de même.

Mais un réveillon en petit comité : le père, le fils et le Saint-Esprit, c'est-à-dire : moi, saine de corps et d'esprit mais pour combien de temps encore ?

En ce moment, tout est un peu mathématiquement compliqué, on a pas osé aller réveillonner à Sète trop loin et puis on se serait vite retrouvé à neuf, c'est-à-dire : 7 adultes et, si je retiens bien et deux enfants mais de plus de 11 ans de moyenne ce qui nous fait un quota excédentaire...

À quel âge sort-on de l'enfance me direz-vous ? Vaste sujet... car si l'on reste toujours un enfant pour sa mère, nous sommes souvent considérés comme de piètres adultes par nos enfants devenus majeurs et pas forcément vaccinés, pour le moment c'est en projet.

D’ailleurs, on en reparlera sans doute prochainement.

C'est vrai que mon mari est resté jeune de caractère et que dans sa famille, il a toujours compté pour du beurre, mais tout de même, il aurait très mal pris de manger en bout de table comme le parent pauvre ou tout seul dans une cuisine, je crois que c'était une suggestion de mon neveu Victor. Une très belle cuisine, bien ventilée, avec une hotte. Normal, c'est Noël a-t-il ajouté... il a toujours eu beaucoup d'humour mon neveu, mais là, cela n'a fait rire personne d'autant que mon cher fils supporte mal qu'on attaque son père. Il a tout de suite répliqué : " Si papa mange dans la cuisine... je reprends mes cadeaux ! " Ça a jeté un froid.

Mon frère, toujours chevaleresque, s'est tout de suite proposé pour rester à l'arrière, il s'occupe souvent de faire un peu de vaisselle entre les plats, cela ne me gêne pas, a-t-il dit, magnanime ! " Non, pas un jour de fête " a répliqué ma belle-sœur, elle a même ajouté mi-figue mi-raisin : " Il a bon dos le virus" et elle a préféré tout annulé.

De ce fait, ils ont réveillonné à deux, leurs enfants étant confinés outre-Manche avec un variant du virus et une suspicion de Brexit !

On a d'ailleurs eu une pensée pour tous les camionneurs bloqués trois longs jours sans pain à la frontière, c'était bien la peine de faire un tunnel sous la Manche a déclaré ma nièce, l'Angleterre est redevenue une île !

J'ajoutais qu'elle n'avait jamais cessé de l'être, je l'ai lu dans un bon livre d'anthropologie d'Elias CANETTI " Masse et puissance ".

Pas facile de concilier toutes les susceptibilités en cette période de méfiance généralisée, alors pour le réveillon du 31 décembre... on ne fait pas de projets...

À suivre…

7 - mercredi 16 décembre

Enfin des bonnes nouvelles, il n'y a pas beaucoup de raisons de se réjouir en ce moment, alors profitons-en... je suis heureuse de vous l’annoncer : l'empreinte carbone a diminué...

Alors? Vous êtes contents, j'espère ! Plus de voitures, plus d'avions et une mondialisation qui marque le pas, conclusion moins d'émissions de carbone... depuis la signature des accords de Paris sur le climat.

Le réchauffement climatique n'avait pas été endigué au grand dam des écologistes, en 6 mois, la Covid a changé la donne ! Nous avions l'habitude de " la continuité dans le changement " là, nous avons sauté le pas et opté pour un changement radical dans nos vies personnelles !

Je n'ai qu'un mot : bravo !

Bravo à tous les Français, on dit que ce sont des râleurs, peut-être, mais depuis des semaines, je puis en témoigner, chacun d'entre nous, sans sourciller, nous avons signé notre autorisation de sortie et déclaré sur l'honneur que nous allions chercher le pain !

Bravo à tous, qu'est-ce que la liberté ? Ce n'est pas un simple mot écrit en lettres d'or sur le fronton de nos mairies, on en fait aujourd'hui la cruelle expérience... Vous, mes chers amis qui depuis 60 ans de paix avez circulé sans vous rendre compte de votre chance, sans avoir de check-point, de carte de séjour et de justificatifs de baptême pour aller et venir dans votre beau pays, vous vous rendez compte de ce que c'est qu'une nation issue des lumières... si souvent, par boutade, j'ai déclaré : " Il y a quelqu'un qui a tourné le bouton... j'ai l'impression que la lumière baisse... ". nous devons remercier ceux qui, au péril de leur vie en se sacrifiant pour un meilleur avenir, nous ont permis d’accéder à une société plus respectueuse de l'individu.

Enfin, tous ces sacrifices depuis des mois ont une raison d'être, en vous privant pendant quelques temps de votre liberté, vous avez fait la démonstration de votre solidarité avec la faune et la flore... les gorilles dans la brume vous remercient, les baleines à bosses aussi et, quant aux dauphins, ils viennent vous saluer dans le port de Marseille.

Alors, heureux sans vous plaindre, vous allez vous réjouir de votre vie malgré tout, vous allez faire preuve comme dans toute catastrophe d'une solidarité et d'une fraternité sans faille !

Les plus jeunes bien sûr ne s'en rendent pas tout à fait compte, il faudrait une panne générale du réseau téléphonique pour qu'ils aient une vision moins branchée de leur avenir... sans smartphone, la vie est sans doute moins drôle, mais, sans air, elle n'est plus drôle du tout !

MALRAUX le disait déjà en son temps :

" Le siècle sera spirituel ou ne sera pas ! "

Désolée, mais il va falloir nous y mettre, on va devoir prendre de la hauteur, on n’ira pas au ski, dommage !

On va devoir gravir les échelons mentalement, on va faire marcher nos petites cellules grises comme Hercule POIROT et trouver des solutions... comme le cœlacanthe, notre ancêtre à tous, qui voyant la Terre de son œil rond à décider d'y aller voir d'un peu plus près, notre monde intérieur est à découvrir et notre imagination n'a pas de frontière !

La période est grave mais pas désespérée donc courage à tous et bon Noël ! 

À suivre…

6 - samedi 5 décembre

Depuis huit jours, on a retrouvé une semi-liberté : 3 grandes heures de sortie, le rêve, 20 kilomètres d'autonomie, le bonheur... on peut enfin sortir de chez soi... on avait beau ouvrir les fenêtres en grand, suivant les conseils éclairés de la faculté, ce n'est pas pareil, non, on a besoin d'air frais, de prendre notre envol, de quitter la rue de l'Alouette pour de nouveaux horizons...

On pouvait sortir, oui, mais en justifiant toujours où on allait, ce qu'on allait faire et surtout dans un minimum de temps. Ce qui est agréable, c'est de marcher sans but précis dans les rues, de flâner, de bifurquer de changer d'itinéraire, enfin de vivre quoi... et là, non interdit !

En plus, en une heure, on ne peut rien faire, c'est vrai qu'avec l'âge on est un peu ralenti, on tourne dans le sens des aiguilles d'une montre, tictac, le temps nous est compté, vite, vite fait, une course et retour au bercail, avec la peur d'avoir dépassé les limites prévues par notre attestation !

Les gens que l'on croise font de même, on se salue à peine, on fait de grands signes de la main... oui, c'est bien moi et vous ? C’est bien vous ? Avec le masque et les lunettes pleines de buée, on ne s'attarde pas, on se transforme petit à petit en robot, en droïde, on vit depuis plusieurs mois avec une économie de mots et d'échanges, cela devient même inquiétant !

Après cette période, est-ce qu'on va pouvoir seulement tenir une conversation? Pas philosophique, non, juste parler du temps qu'il fait, des enfants, une petite conversation courante de plus de 50 mots... pas sûr, heureusement il y a le téléphone ! Sinon sachant que les organes se modifient et même peuvent disparaître si on ne les utilise pas assez, on se retrouverait facilement muet comme des carpes !

Comment ? " Ça me ferait des vacances, me dit mon mari... " Pas gentil, ça, " Tu es mon seul public, mon chéri, tu devrais te réjouir ! "

Remarquez, le premier week-end, nous, on est resté confinés, on n’a pas osé, on a eu peur... trop de liberté d'un coup, on ne l'aurait peut-être pas supporté, on a préféré attendre le début de semaine toujours beaucoup plus calme.

Une fois dehors, qu'est-ce qu'on va faire ? On va pouvoir se précipiter tête baissée dans les magasins... il faut relancer l'économie, chic, on va pouvoir acheter des produits qui ne sont pas de première nécessité... Oscar WILDE le disait : " Donnez-moi le superflu, je me charge du nécessaire. "

Avant, pour se donner bonne conscience... on va d'abord se délester de quelques euros. Faire quelques chèques, on a le choix... Armée du Salut, Abbé Pierre, Resto du cœur, ATD-quart monde... sans oublier le Téléthon...

Aujourd'hui, il faut penser aux autres. " Vous êtes sûre, me disait ma voisine ? " Ah, oui... j'en suis sûre, écoutez les nouvelles, la fracture sociale se creuse, les petits boulots ont disparu, les plus fragiles se fragilisent, oui, vous raison, il n'y a pas de temps à perdre, j'avais l'habitude recevoir mais en ce moment ce n'est pas conseillé, je vais plutôt donner... oui, vous verrez, c'est une habitude à prendre... donner ! "  À suivre…

5 - dimanche 22 novembre

Tiens, il y a la queue chez le boulanger, jusqu'au coin de la rue, eh bien ! On a pourtant pas de tickets de rationnement, enfin pas encore !

On a déjà eu un couvre-feu il y a une quinzaine, faut pas exagérer, nous on lui a préféré " confinement nocturne " ce qui ne veut pas dire grand-chose, mais tout de même, c'est moins guerrier... ce n'est pas le blitz londonien, il faut raison garder.

Pas de panique, le pain est bon, c'est tout et la vendeuse est peut-être un peu lente... mais comme tout le monde, c'est vrai, avec les masques, on s'entend à peine et nos lunettes sont pleines de buée, cela ne facilite pas le contact, qu'est-ce que je dis... contact ? Un mot à rayer de notre vocabulaire... en ce moment surtout pas de contact.

Pour la baguette émotion, on attendra les heures creuses et s'il n'y a plus de pain, on prendra de la brioche, vieille tradition française.

Le retour de l'automne apporte son lot de désagrément, je passerai sous silence les taxes et les impôts fonciers toujours contrariants et l'épidémie qui fête son retour... je ne parlerai que de la promenade dominicale, on promène les enfants, les chiens ou son spleen pour faire plaisir à VERLAINE...

La promenade est belle, au bout de notre rue, c'est le bois. L'automne est là avec ses couleurs dorées et ses voiles de brume, on marche pour savoir où on va, 1 kilomètre à pied ça use les souliers, oui, mais ça change les idées.

On profite bien de cette heure de liberté, la liberté, c'est bon pour la santé, c'est même recommandé !

Ce qui m’embête bien c'est cette autorisation de sortie que je rature sans arrêt, le temps de trouver mon sac, mon masque et mes lunettes... eh ! Zut j'ai déjà perdu une demi-heure...  À suivre…

4 - samedi 21 novembre

Je n'aurais pas dû, j'ai manqué de réflexion devant l'avidité des promoteurs immobiliers qui suppriment parcs et espaces verts, j'ai voulu sauver deux jardinets qui jouxtent mon immeuble.

Depuis plus de dix ans, je me suis lancée dans le jardinage, suite au ravalement de notre façade qui en avait bien besoin, comme la mienne d'ailleurs ... " les ruines d'une maison se peuvent réparer que n'est cet avantage pour les ruines du visage « enfin c'est une autre histoire, pas drôle la fuite du temps... » Hélas je ne peux pas tout contrôler...dommage!

La terre était morte, après trois années d'efforts continus et d'engrais naturels, les vers de terre sont revenus, les escargots aussi.

J'ai planté sans relâche, fleurs diverses, jonquilles, primevères et tulipes pour un printemps réussi, hélianthes, soucis et dahlias ont suivi, euphorbes et yuccas s'y sont voluptueusement installés, les voisins étaient contents, les plantes aussi, elles font deux mètres et me disent bonjour à chaque fois que je sors.

Enfin, j'étais contrariée que le Ministère de l'Écologie ne vienne pas au secours des jardins et des parcs...

Devant le silence et l'incurie de tous, après moult courriers resté sans réponse, je me suis adressée à la Divinité, celle des nymphes et des sources pour demander une intervention divine pour préserver quelque temps notre rue de l'Alouette...

Les interventions divines sont divines, souvent fracassantes... certes les travaux de la rue se sont arrêtés quelques mois...mais aussi.

La Ville, le Pays et le Monde... pour un moment ...

Désolée je n'aurais peut-être pas dû.   À suivre…

3 - lundi 16 novembre

Aujourd'hui, c'est lundi, j'écoute d'une oreille distraite France-Culture... " Travail et Labeur "selon Simone... pas ma tante Simone (une fine cuisinière d'ailleurs), non Simone de BEAUVOIR, une fine philosophe : "on ne naît pas femme on le devient " vous vous rappelez...

Enfin, pour elle : " je cuisine donc je suis..." cela ne suffit pas comme projet de vie pour la femme, elle reste sur sa faim... pas assez de transcendance dans le travail domestique pour notre chère Simone... certes on ne peut pas nier la satisfaction du service à la française de ce dimanche... " Poularde et pommes sautées "sous les applaudissements de l'homme de la maison, j'étais assez fière de moi, je dois dire... repris en chœur à la radio par Claude NOUGARO " Rien n'est plus beau qu'une femme dans la cuisine… " Un morceau de choix !

En cette période de confinement généralisé entre deux émissions de France-Culture et deux séries policières... où les femmes sont souvent découpées en rondelles, victimes de cuisiniers psychopathes sans doute... Que faire de ses journées ? ... j'ai ressorti les livres de cuisine remisés dans le placard depuis que les enfants n'organisent plus de goûters d'anniversaire... cette semaine : profiteroles au chocolat et gâteau à la noix de coco pour tout l'immeuble... personne ne se plaint... ils mangent en silence...

Silence, oui, même le chantier s'est arrêté... on est pourtant lundi ?...Les ouvriers feraient-ils la grève ? À moins qu'ils n'écoutent France Culture eux aussi " Travail et Labeur ", ça leur parle, peut-être qu'ils vont réfléchir au sens de la vie : " être ou ne pas être " exploités, vaste sujet, comment donner un sens à son existence... sans empiéter sur celle des autres... ce serait sympa pour moi... " L’enfer c'est les autres " ça c'est du SARTRE... avec Simone, ils étaient comme les doigts de la main... peut-être que c'est Jean-Paul qui faisait la cuisine, enfin moi, je ne l'ai pas su, il a tout de même écrit L'IDIOT DE LA FAMILLE, L’ÊTRE ET LE NÉANT, ce n'était peut-être pas toujours rose entre eux... deux philosophes de cette taille, les contingences ce devaient être à tous les repas... Servir ou être servi voilà la question....c'est évident, le partage des tâches devaient donner lieu à de fameux débats ...enfin c'est à creuser !

Je vais reprendre une bonne tranche de France-Culture ...  

Ce lundi est plein d'imprévus, je reçois la publicité de SIEMENS, ils me proposent des objets qui parlent... qui parlent de quoi ?... je crains le pire, qu'est-ce qu'ils vont me dire ? Range tes affaires... comme ma mère !

Ces objets inanimés qui avaient déjà une âme selon le poète (or l'âme a un gros avantage... elle ne fait pas de bruit). Maintenant si ces mêmes objets ont une langue... on ne va plus s'entendre... si on en juge par la cacophonie médiatique cela va vite devenir invivable...

Les journalistes vont se faire engueuler par leurs micros qui vont leur couper le sifflet !

Remarquez, j'ai toujours eu un bon rapport avec mes machines. Je me souviens avec nostalgie d'une époque où l'obsolescence n'était pas programmée, ainsi ma machine à laver la vaisselle m'est restée fidèle pendant 18 longues années d'un service remarquable... en fin de programme, lorsque j'ouvrai la porte pour évacuer la vapeur, elle poussait un " ouf " de soulagement, heureuse d'avoir terminé son cycle sans aléas... nous avions alors un bref échange où je lui faisais part de mes inquiétudes quant à sa fin de vie... le recyclage n'étant pas encore passé dans les mœurs... quelle serait sa fin de vie ? et par conséquent qu'elle serait la mienne? 

Sans cette aide silencieuse et bienfaisante... sur qui alors me tourner pour laver les plats de nos déjeuners du dimanche ... mon mari ?

Philippe viens donc écouter France-Culture, c'est intéressant, c'est sûr l'asservissement volontaire dans les foyers urbains...   À suivre…

2 - mercredi 11 novembre

11 novembre, la guerre des tranchées est arrêtée, l'armistice est signé... on a jamais été aussi heureux du " cessez le feu ! "

Eh oui, pour nous aussi... calme plat, jusqu'à la prochaine... On respire... les hostilités ont stoppé net dans le quartier, les travailleurs bénéficient d'une journée de congé et nous d'une journée de silence dans les rangs...

Quand le bâtiment va tout va... vieux dicton subventionné par Monsieur BOUYGUES et Monsieur VINCI (pas Léonard, l'autre). Ils cassent, ils creusent, ils rebouchent... pourvu qu'ils s'arrêtent à temps... mon mari, toujours optimiste, me dit qu'il y a un risque d'effondrement... on est sur des carrières, avant c'étaient des champignonnières ajoute-t-il... il faut dire qu'il connait bien le territoire, c'est un vieux saint-mandéen... de souche... comme les champignons ! Cela ne me rassure pas...

La qualité de la vie dont on parlait dans les années 70 cela nous semble bien loin... personne n'en parle plus d'ailleurs... je me demande si cela intéresse encore quelqu'un à part moi... on a qu'une vie ? Enfin, je crois... alors autant qu'elle soit la meilleure possible, non ?

Aux dernières nouvelles, il faut apprendre à vivre avec le Covid, nous, on ne demande que ça de vivre avec, mais lui ? Le virus, il n'a pas l'air d'accord... j'ai l'impression que son but est autre, j'espère me tromper et que l'on trouve rapidement un terrain d'entente.

En attendant un accord de non-agression, on joue la carte de la prudence, c'est simple... on ne voit plus personne, la méfiance s'est insinuée en nous, derrière leurs masques qui sont véritablement tous ces gens ?

L'autre a toujours eu cette part de mystère, notre proche prochain reste souvent un inconnu, et que dire de nos voisins ? Nous croyons les connaître, mais hélas, sur qui vraiment pourrons-nous compter ? On a bien vu ça à la dernière assemblée de copropriétaires... c'est comme ça que tout doucement on glisse vers la paranoïa... si l'on réchappe du Covid... on aura des séquelles psychologiques... sûr !

D'ailleurs, j'ai fait le test ? Pas celui du Covid, mais celui de l'amitié sincère... j'ai besoin d'un hébergement d'urgence. J’ai dit : j'appelle au secours et c'est là qu'on voit sur qui à l'avenir on pourra compter...

Remarquez, il suffit d'une personne, une seule, et l'on est sauvé, c'était dans un bouquin, je l'ai lu alors, un bouquin japonais, ils sont très fins ces japonais, LE CŒUR DES HOMMES, je crois que c'est le titre... si vous pouvez compter sur une seule personne alors, tout ira bien, mais il en faut une. Moi, j'en ai une...

Enfin, tout le monde est Covid contact en puissance et ce n'est pas facile à détecter, positifs, négatifs, testés, confinés. Pas facile de trouver la bonne personne en ce moment... heureusement, il nous reste l'humour, un bon fou rire avec notre fils qui passe nous apporter le ravitaillement de la semaine "ne bougez plus, ne respirez plus " comme dans la salle de radiologie. Je lui réponds..." gardez-vous à droite... gardez-vous à gauche... " Il est partout... cela me rappelle JE SUIS PARTOUT, le journal des collabos. L'ennemi serait invisible, on ne fait pas de projets, on espère un armistice pour Noël... il va peut-être reculer...

Avec nos masques fait maison, on va bien finir par lui faire peur.   À suivre ...

1 - mercredi 4 novembre

On ferme les librairies et les petits commerces, mais, si tout est à l'arrêt, le BTP a une autorisation de démolition... j'en sais quelque chose... assignée à résidence depuis quelques mois et depuis jeudi dernier minuit carrément reconfinée... j'entends les excavatrices se rapprocher dangereusement de notre immeuble, rue de l'Alouette à Saint-Mandé, les murs tremblent, j'ai peur, je les menace du balcon avec mon chiffon à poussière mais rien n'y fait... j'envoie des lettres à la Mairie, au Préfet du Val de Marne et à la Ministre de l'Écologie qui me répond, elle, mais hélas, la Ministre ne peut rien faire non plus ! Alors?

À moins que les arbres ne se mettent en travers des camions bennes, je ne vois pas comment stopper la marche inexorable du monde !

Il faut dire qu'ils ont beaucoup d'humour... ils ont baptisé cette opération immobilière de grand standing ALEGRIA... après le Palazzo, les Seigneuriales et les résidences Michel Angelo et tutti quanti... ils espèrent faire fuir le populo avec des appellations incontrôlées et des références au monde Antique... mais où sont les patriciens qui doivent occuper les lieux ? Mystère !

Pour nous les proches riverains en tout cas ce n'est pas la fiesta depuis quelques jours, mais plutôt la tristessa...

Notre espace de Liberté se réduit comme peau de chagrin, pas de sorties à plus d'un kilomètre de notre résidence, restez chez vous et subissez... destructions des maisons avoisinantes, bruits et poussières garanties, le projet de construire 69 appartements dans un minimum d'espace en supprimant jardins et espaces verts... est en contradiction totale avec le discours ambiant... où sont passés les écologistes ?

Madame HIDALGO après avoir bétonné Paris veut végétaliser les rues... que n'a-t-elle pas commencé par préserver ce qu'il y avait de verdure... Paris est devenue la ville la plus chaude de France battant Toulouse et Bordeaux.

En août, " canicule " : impossible d'ouvrir les fenêtres la nuit à cause du bruit continuel du périphérique serait-il envisageable de bloquer le périphérique les périodes de canicules ?

Enfin je demande la protection pour les plantes, les oiseaux, les bons animaux et les êtres humains qui n'ont pas l'air de croire qu'ils font partie d'une chaîne et que si cette chaîne est rompue... ils vont eux aussi disparaître.

Je m'occupe du jardin de la copropriété, depuis dix ans, les trois premières années rien ne poussait, la terre était morte... depuis les plantes revivent, elles font deux mètres et me disent merci tous les jours...

Il ne faut pas demander à ceux qui sont cause du problème qu'ils vous en sortent et ce, à tous les niveaux, il va falloir se remuer !

Les professionnels du jardinage devraient s'engager et respecter la terre, on interdit les pesticides aux jardiniers amateurs, pas aux professionnels, ils se contentent de mettre des plantes en pot toutes prêtes... certes, tout le monde doit gagner sa vie mais pas au détriment de la vie même.

Le bruit à cesser... j'ai dû leur faire peur... ils désossent à la main le toit mitoyen... j'espère qu'ils ne toucheront pas aux palmiers ! 

Je retourne cultiver mon jardin.    À suivre…

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